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La Page Ouverte

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Sauver des vies de Pascale Renaud-Hébert


Le mois dernier, mon copain et moi avons eu l'occasion d'assister à l'une des représentations de la pièce Sauver des vies au Théâtre de la Bordée qui se déroulait à Québec du 26 février au 23 mars 2019. Mise en scène et écrite par la jeune Pascale Renaud-Hébert, cette pièce à la fois dramatique et incroyablement drôle nous définitivement charmée.  

Sauver des vies présente deux récits simultanément; celui de Murielle et celui de Maude. Murielle est mère de deux adolescents en route vers l'âge adulte. Philippe ou plutôt philou est assez rebelle et introverti. Il vit toujours chez ses parents, tandis que son frère Simon a quitté la maison depuis quelques années pour aller étudier au cégep dans le but de devenir médecin. Maude, quant à elle, a la mi-vingtaine. Lors d'un voyage en Europe, elle rencontre Etienne dans un bar et petit à petit ils tombent amoureux l'un de l'autre.

Ces deux femmes, elles ont le cancer.

Murielle se bat depuis plus de trois ans, mais le cache à ses enfants du mieux qu'elle le peut ne souhaitant pas être un fardeau. Maude, lorsqu'elle réalise que ce qu'elle croyait être une mononucléose est en réalité un cancer, refuse de faire de la chimiothérapie, de finir sa vie sur une note triste et dans un état pitoyable. Il va sans dire, cette situation difficile amène des frictions familiales et conjugales importantes.

Sauver des vies n'est pas une pièce dramatique de A à Z qui vous laissera brisé en sortant de la salle. En fait, une grande partie des dialogues est tout simplement hilarante. Je pense notamment à la scène où, à l'hôpital, les destins de tous les personnages se croisent et où Etienne, Jean, Philippe et Simon tentent de faire sortir un sac de chips coincé dans une machine distributrice. On sent toute leur rage et leur désespoir se déverser dans une situation complètement absurde. Tout ça, pour que Maude puisse manger des Doritos (ses chips préférées) pour la dernière fois.

Pour ceux qui n'auraient pas eu la chance d'assister à ce spectacle, je vous invite fortement, si vous aimez le théâtre, à lire la pièce homonyme récemment parue chez L'Instant même. Un beau moment garanti. 

Sauver des vies
Pascale Renaud-Hébert
L'instant même (2019)
83 pages
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A Monster Calls de Patrick  Ness

Lorsque je lis en anglais, je suis un petit peu moins difficile en termes de lectures. Mes genres préférés, soit les romans historiques, contemporains et classiques, se retrouvent alors plutôt mis de côté. J’ai tendance à dévorer des œuvres populaires et même parfois, des romans jeunesse. On m’a récemment recommandé la lecture de A Monster Calls écrit par Patrick Ness. À la base, je crois que ce livre est classé au rayon des enfants, mais à la suite de cette bouleversante lecture, je suis convaincue que plusieurs adultes pourraient y trouver leur compte.

A Monster Calls nous plonge dans la vie du petit Conor, treize ans, dont la mère est atteinte d’une maladie (on peut en déduire qu’il s’agit d’un cancer). Un jour, au milieu de la nuit, à 12 :07 pour être exacte, ce dernier est éveillé une fois de plus par un horrible cauchemar, LE cauchemar. Cette même nuit, un monstre vient le visiter. Conor n’en est pas effrayé, à vrai dire, il est plutôt perplexe. Que lui veut-il? À cela, la bête lui répond seulement : Je vais te raconter trois histoires et puis tu me raconteras la tienne. Ainsi, chaque nuit, le monstre apparaît à sa fenêtre et lui raconte une bribe d’histoire.

Parallèlement, l’état de sa mère malade se détériore. Ses traitements de chimiothérapie ne sont plus effectifs.  Conor est forcé de vivre chez sa grand-mère qu’il n’affectionne pas particulièrement. De nombreuses années plus tôt, son père les a abandonnés, lui et sa mère, dans le but de fonder une nouvelle famille ailleurs, aux États-Unis. Sans repère, Conor bouille de l’intérieur. À l’école tout va mal et à la maison, et bien… il n’y a plus personne hormis ce monstre dont l’utilité lui est encore inconnue.

Ce récit philosophique et profondément métaphorique est d’une beauté implacable. Le deuil est difficile pour les enfants parfois encore plus que pour des adultes qui eux, sont en mesure de mettre des mots sur des sentiments. Apprendre à laisser-aller est un cheminement tout comme l’honnêteté envers soi-même. Le thème est lourd et sombre, mais il est apporté d’une si délicate façon, à la manière d’un conte. On en ressort avec une grande leçon de vie.

Confidence :

J’ai pleuré. Oui, j’ai pleuré. Il s’agissait du premier roman qui me faisait cet effet. Sans commentaire, à vous de vous faire votre propre opinion sur ce roman.
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Mon amoureux est une maison d'automne de Mara Tremblay

Dans le cadre de mon nouveau partenariat avec la maison d’édition Somme toute, je vous partage aujourd’hui mon avis sur le roman Mon amoureux est une maison d’automne de la talentueuse Mara Tremblay. Une charmante petite lecture.

Tout d’abord, j’ai été attirée par le format et le graphisme de leur collection Numéro de série, leur collection de livre de poche. Le reflet de la glace de Geneviève Drolet (ma chronique sera publiée sur Page par Page dès très bientôt), me l’avait fait connaître. J’ai donc tenté le coup avec une autre de leurs œuvres.

On y raconte le récit de Florence, une artiste peintre. Dans la quarantaine, celle-ci est maman de deux petits garçons, ses rayons soleil. À cette même époque, Florence perd sa mère dont elle était très proche. Sa vie s’en voit totalement chamboulée; elle tombe dans une dépression qui n’en finit plus. Les médicaments ne font que très peu effet, ils l’affaiblissent plus qu’ils ne l’aident.

Au travers cette dure période de sa vie, Florence voit plusieurs hommes simultanément. Sa relation avec l’amour est complexe, biaisée, déchirée par une enfance gâchée. Elle jongle parmi les rencontres, les sentiments et les ruptures amoureuses.

C’est tout un fouillis d’émotions organisées que nous offre ici Mara Tremblay. Au seuil de la poésie, son œuvre est artistique, touchante et profondément réaliste. Ce n’est pas parce que l’on a passé la période de l’adolescence que l’on cesse nécessairement de se chercher en tant que personne.

La structure de l’ouvrage est extrêmement intéressante. Le récit n’est pas linéaire; on fait plusieurs retours à l’arrière. Ces retours nous permettent de mieux comprendre le personnage et de s’y attacher. On joue aussi avec la typographie ce qui amène une certaine fluidité à l’histoire. Il arrive que certains courts chapitres soient des rêves, mais on s’abstient de les mettre en contexte. Or, ceux-ci sont tellement loufoques que ce n’est pas réellement nécessaire.

En résumé, je remercie de plus belle les éditions Somme toute pour leur grande générosité à mon égard. Mon amoureux est une maison d’automne fut une magnifique découverte que je recommande à mes lecteurs!

☆☆☆☆
Mon amoureux est une maison d’automne
Mara Tremblay
Numéro de série F-008
Éditions Somme toute (2016)
234 pages
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L'auteure


Megan Deslongchamps est étudiante en Langue française et rédaction professionnelle à l'Université Laval et vise une carrière dans le milieu rédactionnel. Blogueuse depuis plusieurs années et véritable passionnée des mots comme des livres, elle est présentement employée dans les Bibliothèques de Québec. Laissez-vous transporter dans son univers littéraire! Bonne visite!

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